- «Texte et textile ont une base sémantique commune dérivée du verbe latin texere qui signifie tisser, tramer. À l’époque romaine, textus pouvait tout aussi bien désigner un écrit qu’un tissu, liant, de fait, les productions fabriquées à partir de matériaux qui s’entrecroisent à celles de l’esprit. Quant au verbe ourdir qui fait référence à l’étape de préparation des fils destinés au tissage, il est également utilisé pour qualifier le moment où l’écrivain·e dispose des premiers éléments constitutifs de son intrigue. En outre, la qualité d’un ouvrage tissé peut-être jugée sur des critères similaires à ceux attribués à l’analyse d’une œuvre littéraire ou musicale, tels que l’originalité de sa structure d’ensemble, la régularité de sa composition, ses variations rythmiques et chromatiques et ses dispositifs de présentation.»*
En prenant comme point de départ l’analogie de Clémentine Davin entre texte et textile, nous aborderons les mécanismes liés aux notions de mise en page et les relations qu’elles peuvent entretenir avec l’acte de tisser. Comprendre ces mécanisme permettra de pouvoir assimiler les fondamentaux du design graphique et de pouvoir les mettre en relation avec vos pratiques de designer·euse·s textile. La semaine de workshop avec Ariane Bosshard vous a permis de collecter et organiser la matière première. La suite de ce travail va être d’organiser ce matériel dans l’espace du livre, de la page, du paragraphe, de la ligne, du mot et de la lettre. Nous œuvrerons ensemble à trouver les méthodes les plus ajustées pour mettre en lumière vos réalisations et la pensée sous jacentes de vos démarches respectives.
* (Extrait du texte d’introduction de l’exposition De l’arpentage au tissage et de la coudée aux cordées: l’art du glissement chez Leïla Pile, Clémentine Davin, exposition tenue du 6 octobre au 3 novembre 2024, Galerie LRS52 — Liège)